Posté le 11.04.2008 par bereniceb
Bonjour,
j'écris des poésies en prose et vous les fait partager à travers ce site. J'adore la littérature et j'ai vécu beaucoup de choses... Cela m'inspire.
Par ailleurs, mes poèmes sont tous protégés.
Je vous souhaite une bonne visite de mon site.
Bérénice B.
--
Posté le 11.04.2008 par bereniceb
Je te fais peur
Alors que je ne suis que douceur
Sur mon coeur je voudrais te serrer
Sur tes joues t'embrasser.
T'enlasser,
Te rassurer.
Je t'ai déçue,
T'ai-je perdue,
Pour toujours ?
Me priveras-tu d'amour
Pour toutes les années à venir ?
M'interdiras-tu d'avenir,
En cassant l'espoir
De te revoir?
Pour toi je me bats,
Mais pour quel résultat?
Sans toi je ne suis rien,
je ne te veux que du bien,
Si je suis un obstacle à ton bonheur,
Je préfère le déshonneur
De la solitude cruelle,
Plutôt que tes paroles mortelles.
Bien malgré toi tu me fais mal
Et comme un animal
Je me retourne contre toi,
Menée par la dure loi
De ma maladie,
Qui m'éloigne de ta vie.
Je perds la foi en la gérison
Lorsqu'avec raison
Tu me dévoiles tes blessures,
Telles des morsures,
D'un présent où je te fais soufrir,
Car de promesses je ne peux t'offrir,
Refusant de te mentir,
Même pour te faire plaisir!
Je me sens désertée de tous sentiments,
Face à ton ressentiment
Suscité par mon aspect décharné
Qui te prive de retour dans notre passé,
Puisque l'enfant que tu voyais
En moi ne reviendra jamais.
Je ne suis qu'une inconnue à tes yeux,
Et même mon âme mise à nu,
Ne t'atteint plus
Car en moi tu ne crois plus!
A présent je te fais peur,
Alors que je ne suis que douceur.
Je t'aimes tant.
Posté le 11.04.2008 par bereniceb
mes yeux te dévisagent
tu dois avoir mon âge
comme moi tu fuis
le regard d'autrui
pourtant tu m'as reconnue
et un peu émus
nous nous nous sentons liés
car tous les deux liés
par la dépression,
il a suffit d'une vision.
ton stylo tremble dans ta main
c'est une histoire sans lendemain
qui me sort de ma détresse
je ressens de la tendresse.
je n'aurais pas été sisensible,
la rencontre aurait été possible.
Mais je n'ai rien à t'offrire,
trop habitée à souffrir.
timide tu m'as rassurée
car je me sens moins esseulée.
dans une autre vie
tu aurai été mon ami
celui de coeur
chassant ma pudeur.
c'est comme si je te reconnaissais,
une brève idylle qui nait.
rassemblés par une maladie
un moment de répis,
le souhait d'aimer encore,
l'envie de faire l'effort
de m'en sortir
de ne plus fuir,
de guérir simplement
pour retrouver des sentiments.
merci mon bel inconnu,
la confiance tu m'as rendue.
nos âmes se sont tues
pleines de sous entendus.
et c'est avec regret
que nous avons gardés nos secrets.
peut-être le destin,
ou notre instinct
nous réunira à nouveau
comme un précieux cadeau.
au revoir
je suis pleine d'espoir.
Posté le 17.02.2008 par bereniceb
Je suis dédoublée,
Je marche à côté
De mon enveloppe charnelle.
Obnubilée, le mal a pris le contrôle,
Je n’ai plus de volonté
Je me sens bafouée.
J’ai peur
Je ne me reconnais plus
Livrée à mes pulsions morbides.
Me remplir,
Me vider,
Toujours cette même obsession.
Coupable je suis,
Je me gave
Alors que d’autres meurent de faim.
Pâle reflet de ces âmes privées
Je mens derrière mon apparence
De maigreur, rachitique.
Cette enveloppe n’est pas mienne,
La pitié elle suscite,
Alors que repue je suis.
Je dévore la société,
Je mastique des mets divins
Dont le monde se prive.
Je ne suis que péché,
Un fantôme qui erre,
Qui reflète la misère.
Je ne suis que tromperie
En affichant cette pauvreté
Qui est celle de mon âme.
Je suis damnée,
Engluée dans la duplicité,
Car consciente de ma folie.
Je ne suis que tromperie,
Un gouffre sans fond,
Jamais rassasié.
Malade encore et toujours,
Je ne renie pas mes horreurs,
Je les vomis jusqu’à la lie.
Je régurgite mon angoisse,
Ma culpabilité,
Mon incapacité.
Je ne suis rien,
Une mâche mal huilée,
Désarticulée, irraisonnée…
Désertée par la vie,
Je ne fais que souffrir,
Dans un malin plaisir.
Je me crois plus forte,
Je ne dupe que moi-même
En malmenant le cadeau de l’existence.
J’incarne la mort
En quête du plaisir,
Annihilé le désir.
Mes œillères obstruent
Ma capacité d’aimer,
De rejoindre le sacré.
En quête de perfection,
Je marche sur les foules,
J’en oublie le pourquoi.
Le grand pourquoi
Du cadeau de la vie
Je ne fais que mentir
Encore et encore…
Posté le 17.02.2008 par bereniceb
Au petit matin
La nature se réveille
La petite araignée s’affaire
A terminer sa toile
Entreprise la veille.
Au petit matin
La rosée recouvre
Toutes les fleurs du parc
Qui ouvrent lentement
Leurs pétales multicolores
Au petit matin,
L’oiseau se débat déjà
Contre la torpeur de la nuit glaciale,
Et d’un chant joyeux
Remet de l’ordre dans son plumage.
Au petit matin,
La brume tient encore la ville,
Dans sa robe vaporeuse
Et s’amuse des gens
Emmitouflés jusqu’au nez.
Au petit matin,
Les chats noirs retrouvent,
Leurs couleurs chatoyantes
Et commencent une toilette
Qui s’étendra tard dans la matinée.
Au petit matin,
Le boulanger affairé
Remet en route son fournil
Et parfume la cour
D’une délicieuse odeur.
Au petit matin,
L’espoir se répand
Prometteur de renouveau
D’une nouvelle journée
Où les fourmis oeuvreront.
Au petit matin,
L’obscurité se lève,
Laissant place à l’espoir,
Un nouveau jour,
Sans embûches et sans stress.
Au petit matin,
L’éboueur se presse de gommer
Les vestiges du soir passé
Rendant la cité accueillante,
Berceau plein de promesses.
Au petit matin,
Je cherche ta main,
Tu sommeilles encore,
Un sourire au lèvres,
Tu habites le pays des rêves.
Au petit matin,
L’odeur de l’humidité nocturne
Laisse sa place à celle
Du café que je prépare,
Un nectar divin.
Au petit matin,
Je te rejoins doucement,
Je te prends dans mes bras,
Souffle sur tes cils,
Et ton regard s’illumine.
Au petit matin,
Je braverai le froid matinal,
Pour te ramener
Le pain délicat
Qui nous réunira.
Posté le 31.01.2008 par bereniceb
Il était une fois une belle princesse
Qui se nommait Christine.
Elle dégageait tellement de beauté
Et sa gentillesse était telle
Que tout le monde l'adorait.
Elle n'avait qu'à se déplacer
Pour que soudain poussent des fleurs
D'une fraîcheur et d'une joliesse ravissantes.
C'était l'enchantement incarné,
Une fée de bonheur.
Autour d'elle tout n'était que lumière.
Elle n'avait qu'à ouvrir la bouche
Pour qu'un chant de pureté
Envahisse l'atmosphère
D'une clarté enchanteresse.
Comme dans tous les contes,
La nature verdoyait sur son passage,
Les oiseaux gazouillaient
Et se pressaient autour d'elle,
Se nourrissant de son insouciance.
Moi-même, je fus attirée
Par ce beau visage radieux,
Ce sourire d'ange,
Cette puissance positive,
L'optimisme d'une innocente.
Son règne dura une décennie.
Mais par un beau matin, un malandrin,
Un corbeau du désastre,
Décida d'anéantir
Le royaume doré de la Belle !
A la fleur de l'âge,
En pleine éclosion,
Elle dérangeait le scélérat
Qui n'avait pour lui
Qu'une médiocre réussite.
La jalousie le rongeait,
Car lui ne connaissait
Que l'acharnement de la destruction,
Base de sa notoriété,
Sa seule ambition.
Le rayon avait envahit ses ténèbres
Et il ne supportait pas
De ne plus posséder
Le regard des autres
Qu'il rassemblait en semant la terreur.
Jour après jour il s'acharna
A flétrir la tendre rose,
En répandant du poison,
Dans l'atmosphère si bleue
Qui le malmenait.
Si tenace il fût,
Que tout se flétrit,
La princesse harcelée,
Privée de toute liberté
Finit par se faner !
Le mécréant était parvenu à ses fins
Par sa méchanceté incessante,
Par ses paroles blessantes,
De joutes veules, ramenant à lui
De verve entraînant la cour de la Belle.
Délaissée, détruite,
Vidée de sa fraîcheur,
Salie par cette haine immense,
La superbe fleur s'étiola
Et perdit sa couleur chatoyante.
Pauvre rose flétrie, l'hiver
Devint son seul univers.
Telle la Belle au Bois Dormant,
Elle se réfugia dans un sommeil profond,
Dans l'attente d'un prince charmant.
Mais ce dernier jamais n'est venu
Et l'attente se faisait plus longue.
Un an, deux ans, trois ans, quatre ans
Passèrent sans que le temps
N'offrit de répit.
Chaque jour infligeait
A la recluse une souffrance
Incessante, acharnée.
Les minutes ralentissaient,
Les oiseaux s'étaient envolés.
Mais ce n'est plus un conte,
Mais bien une réalité
Que je viens de relater.
Dans toute son ampleur
La renaissance divine.
En effet un beau matin,
La princesse devenue reine,
Ouvrit enfin les yeux ;
Couverte d'une lumière de sainteté
Source de sa guérison.
L'amour paternel l'avait veillée,
Réconfortée, bercée,
Pendant ces longues années.
Et tel un ange,
Il l'avait sauvé de l'obscurité.
De la maladie, elle entreprit
Une convalescence rassurante
Qui lui donna les moyens
De recolorer sa vie,
Bien que moins lumineuse.
Elle testa peu à peu sa voix,
Son chant à nouveau limpide,
Dispersa la nuit sans fin
Qui l'avait si longtemps retenue
Dans un univers de cauchemars.
Toujours avec son ange à ses côtés,
Gardien de sa foi,
La belle rose remit ses pétales en ordre.
Les oiseaux revenus
Appelèrent des jours meilleurs.
L'histoire ne dit pas,
Si le démon qui l'avait salie
Fut puni de sa rage envieuse,
Mais il sut que la rose irradiait
A nouveau et cela n'est que justice.
Aujourd'hui la Belle ayant
Repris goût à la vie
Sème autour d'elle de sa lumière retrouvée,
Et rassure et guérit
Les âmes détruites par d'autres mécréants.
A jamais on priera pour elle,
Elle règnera en souveraine,
Elle trouvera le bonheur,
C'est à elle d'écrire le dernier mot
De ce conte sans fin
Bérénice B.
J'ai été une souillon dans les yeux de ce monstre,
Et me voilà reine dans les yeux de mon amie.
J'ai de la chance.
Mais je ne suis pas un ange.
Oui c'est bien mon histoire,
Mais à d'autre moments,
Dans d'autres contes,
C'était moi la méchante.
Et le ciel ne m'a pas punie,
Le soleil a brillé quand-même pour me réchauffer.
Christine
Posté le 24.01.2008 par bereniceb
La maison est déserte,
Elle a fermé ses grands volets bleus.
La clef se cache sous une pierre.
Le lierre envahit ses grands murs immaculés.
A l'intérieur, seul un rai de lumière
L'inonde d'une lumière éphémère.
De grands draps recouvrent les meubles,
Vestiges de moments de joie.
Mais où est donc passé l'enfant ?
Ses rires retentissent encore
Emprisonnés par un espace sans fin.
Des petits pas résonnent,
Ils dansent et hantent le silence.
Puis des cris déchirants se répandent,
De la douleur partout s'installe.
Une détresse immense fait frissonner les rideaux.
Au dehors, la nature chante.
Des glycines roses écloses,
Le platane, ancêtre de ses ans,
Etend de longues branches squelettiques.
Quelques bourgeons de ci, de là,
Et à ses pieds un tapis de mousse
Verte comme une rivière sauvage
Froide comme une scène de drame.
Mais où est l'enfant ?
J'ouvre la grande demeure,
Mes pas me mènent vers sa chambrette,
Le mobilier y est dénudé.
Seul trésor de couleur
Dans l'atmosphère où règne le blanc,
Quelques taches rouges captent mon regard,
La détresse d'une petite âme y dort encore.
Je me rends vers l'arbre en silence,
Je ne fais que suivre des traces de sang.
Le monstre me tend les bras
Seul témoin du drame, il pleure,
Sa sève est verte de rage.
Je foule une tombe muette,
Un linceul funeste, dernière demeure d'un innocent,
J'ai trouvé le petit ange.
Ses rires se font douleur,
Ses yeux pleins d'étoiles se sont éteints,
Sa bouche est scellée à tout jamais.
Qui est le monstre qui l'a transformé
En ce pantin sans vie ?
Une petite flamme s'est étiolée.
Le vide règne à tout jamais
Dans ce jardin abandonné au deuil.
Nul espoir de retour.
Nul espoir de renaissance.
Seul la solitude s'installe.
Témoin de l'injustice,
La grande bâtisse perd sa fierté,
Vouée à la détresse éternelle.
Mais que deviendra l'enfant ?
Il a fait le long voyage, a disparu.
Maintenant, mon coeur le recueille,
Je le rassure de comptines,
Je l'étouffe de baisers chastes,
Je le réchauffe de mots tendres.
Nulle frayeur,
Nulle tristesse,
Il dort désormais en moi,
Il est mon seul réconfort à présent.
Posté le 23.01.2008 par bereniceb
La chambre est vide.
Le silence en est le seul maître.
Là, une commode où se dresse
Les vestiges d'une enfance heureuse.
Un petit lit aux draps immaculés
Garde la forme enfantine
D'un corps frêle.
L'oreiller sent bon la lavande,
L'air respire cette odeur et s'en nourrit.
Une porte s'ouvre sur un long corridor,
Blanc, sans vie, désert.
Au bout, une baie vitrée chante au gré du vent.
Une brise légère qui s'immisce,
Sans invitation ; peu envahissante,
Elle anime les longs rideaux écrus
D'un salon tranquille
Peuplé de livres aux pages closes
Dressés comme de petits soldats.
Au dehors, un petit chemin de terre
Toute douce, foulée fraîchement,
Qui mène tout droit à la rivière.
L'eau y est claire, limpide.
Sereine, elle berce une petite vallée.
Vallée verte et jaune où domine le mimosa.
Pourtant la paisible rivière
Berce une nouvelle venue,
Une petite âme en paix.
Elle a retrouvé le coeur de la maison,
Elle est reliée à la chambre déserte,
Elle retrace le chemin, le corridor,
L'odeur de lavande.
Le bleu se marie avec le jaune.
Dans ce décor idyllique,
Seul un ange peut régner.
Et il est là, les cheveux dorés
Il se laisse bercer par l'eau.
Les yeux sont clos,
Emprisonnés pour l'éternité,
Le frêle corps dort à jamais.
Noyé dans sa robe vaporeuse,
Ailes de sainteté,
Les lèvres closes pour toujours,
Le visage tourné vers le ciel,
Pour une éternité de bonheur,
Pour un sommeil paisible à jamais.